dimanche 11 juillet 2010

samedi 10 juillet 2010

Keris, Kriss, Kris



Non, ce n'est pas une ovation pour le capitaine de l'Olympique Lyonnais. Mais avec le Keris, nous entrons dans la mystique javanaise. Il s'agit d'une arme: un couteau de fort belle taille, traditionnel de la culture javanaise. Pour les Indonésiens - comme pour les Malais et certains Philippins - cette dague possède un pouvoir mystique. Plus traditionnellement, elle fut longtemps utilisée par les pirates malais, car peu encombrante et relativement efficace. Aujourd'hui, les véritables Keris possédant un pouvoir magique se négocient à plus de 1000 euros pièce. Et il faut accomplir un cérémonial, car le Keris possédant une âme - ainsi que l'âme de ses anciens propriétaires - c'est lui qui vous choisi. Par ailleurs, le futur détenteur doit déjà savoir a qui il confiera son Keris lors de sa mort, car son âme accompagnera le futur propriétaire.

Au premier abord, tout ceci pourrait paraître un peu trop mystique, mais pour avoir vu certains phénomènes, je suis persuadé qu'il y a du vrai dans la magie noire javanaise. Pour en revenir au Keris, me voici depuis deux jours à la recherche d'une de ces dagues pour un cadeau à faire à l'un des personnels de l'ambassade. Car oui, c'est bien à Jogja que l'on trouve les meilleurs Keris. Principale difficulté, sans trouver un véritable Keris magique, il me faut une véritable pièce et non pas une nouveauté réalisée dans le but d'arnaquer un touriste.

Accompagné de Sofia, je me rend donc à Kota Gede, quartier des antiquaires. Premier constat, il ne sera pas aisé de trouver un keris ici: les vendeurs de bijoux en argent sont formel, il n'y a que quelques échoppes qui proposent ces produits. Et il fat les trouver, non pas dans la rue principale, mais dans un dédale. Une fois sur place, l'échoppe semble fermée: rien pour la signaler, à l'exception d'un rideau de fer en devanture. La vendeuse d'un magasin nous encourage à nous renseigner auprès des habitations attenantes. Finalement, le fils du propriétaire, que nous dérangeons devant ses dessins animés, va chercher son père.

Très serviable, il nous ouvrira son magasin, nous prévenant tout de suite quels sont les vrais Keris et les versions touristes. Je trouve alors mon bonheur (photo), et je préviens le patron: je vais revenir pour en acheter d'autres!



La journée se terminera par un déjeuner chez K-Meal, le restaurant français de Jogja. Quel plaisir de retrouver un peu de gastronomie au fin fond de Java. Camille, le propriétaire, est installé à Jogja depuis 2 ans, et son restaurant propose une carte française adaptée pou des tarifs plus que correct. Ainsi, il n'est pas rare que Camille fasse plus de 700 couverts par semaine.
Et ce retour à la vraie bonne bouffe n'est pas fini car je passe le 14 juillet à Jakarta, avant de fêter à Jogja les 35 ans du Centre Culturel Français (le fameux LIP).

La dune de Depok




La convalescence, c'est sympa, mais on s'ennuie vite.N'ayant pas vraiment le courage de retourner tous les jours au travail, j'essaye de trouver des occupations autre que rattraper mon retard sur mes articles - retard du à cette fameuse hospitalisation.
En feuilletant des prospectus touristiques, je m'aperçois qu'il me reste beaucoup de chose à découvrir dans la région, et notamment une dune de sable, considérée comme un phénomène naturel unique. En effet, cette formation de sable volcanique s'étend entre les plage de Parangtritis et Depok. Avec ses allures désertiques, ce type de dune n'existe qu'en Indonésie et au Mexique. Reste a savoir comment les Indonésiens tentent de la préserver, et la meilleure façon de le savoir, c'est bien sur de s'y rendre!




Sur un coup de tête, je décide de partir dans l'après midi sur zone. Une bonne demi heure de moto, sur une route toujours aussi agréable, bordée par les rizières et collines. Une fois sur place, il convient de trouver la route bordant la dune, ce qui n'est pas si simple que cela. Mais avec un bon sens de l'orientation, un repérage préalable sur une carte et un peu de chance, on arrive à beaucoup de chose. Me voici donc sur une route déserte: à gauche, on peut distinguer l'océan Indien, derrière les dunes. A droite, un paysage mi désertique, mi sue-est asiatique. Chose rare dans le pays, enfin une route sur les bords de laquelle il n'y a pas une maison tous les 50 mètres. on se sent un peu isolé, ce qui ne fait pas de mal. Je m'arrête afin d'aller voir le bord de mer, en m'enfonçant dans les dunes. Mais il y a tant de chose à voir, je remonte en selle afin de rallier Depok. Au loin, j'aperçois un minaret dans le soleil: je ne suis plus en Indonésie, mais dans tout autre pays désertique.

Toutefois, Depok marque le retour à la civilisation: les Indonésiens se régalent des produits de la mer pêchés dans l'océan ou dans l'estuaire du fleuve. Je remonte le cours de ce dernier, avant de me décider à prendre un peu de temps sur la plage. Sur le sable volcanique, je décide de me reposer, profitant des embruns. Mais déjà, le temps semble menacer. Comme toujours, la saison des pluies n'est jamais vraiment terminée. L'obscurité faisant place à l'éblouissement constant du soleil, je préfère rentrer avant une grosse averse nocturne... et pourtant, j'y aurais droit, en arrivant aux limites sud de la ville.



Au final, une petite escapade sympathique dans un lieu calme. Je pense y retourner avant mon retour. mais voila typiquement le genre de chose qui risque de me manquer

vendredi 9 juillet 2010

L'hôpital


Parce qu'il fallait bien y passer autrement que pour une consultation, je me suis retrouvé hospitalisé pendant quelques jours. La faute à une infection urinaire résistante aux bactéries et qui commençait à infecter un certain nombre de fonctions de mon corps. Tout à débuté avec des douleurs dans le bas du dos jusqu'à l'emplacement supposé des reins. Le tout accompagné d'une fièvre en progression. Ainsi, le lundi soir, malgré 4 grammes de paracétamol et de nombreuses compresses, je ne descendrais pas en dessus de 38,5°. Décision est prise d'aller à l'hôpital, et le choix est arrêté sur Panti Rapih, hôpital privé catholique (car oui, n'oublions pas que nous sommes en Indonésie et que tout est religieux - ce qui commence à vraiment me lasser, mais c'est un autre sujet).

Une fois à l'hôpital, j'annonce clairement à l'accueil, je veux voir un autre urologue que celui qui ne m'a prescrit que des antibiotiques de base pour une durée de 5 jours. Après une longue attente, le médecin me reçoit et décide de m'hospitaliser un minimum de 3 jours. Mais avant toute chose, il décide de me faire passer une échographie. Première échographie pour ma part et première surprise à cette occasion.J'apprends en effet que je n'ai qu'un seul et unique rein, et qu'il y aurait quelque chose de pas très net à l'intérieur de ce dernier. Me voici dans l'attente de nouveaux examens.

Fort heureusement, ces derniers ne révèleront rien de grave. Après 3 jours, j'ai l'autorisation de sortir. Je passerais alors l'après midi à régler les différents problèmes d'assurance. Et les jours suivants à prendre un peu de repos. Je me serais bien passé de tout ça, mais fort heureusement, j'ai été dirigé vers le meilleur hôpital de la ville, comme quoi, tout s'arrange.

Petite anecdote avant de terminer. Panti Rapih est donc un hôpital privé catholique. c'est ainsi que le soir, les infirmières venaient me proposer une communion. J'avoue avoir eu peur le premier soir. Et encore plus quand j'ai vu la tête de l'infirmière lorsque j'ai refusé. Elle n'a cessé de me répéter que j'étais inscrit en tant que catholique, et qu'elle ne comprenait pas. J'ai donc improvisé un petit cours sur l'athéisme et la laïcité - qui n'a servi à rien. En désespoir de cause, je lui ai annoncé que je préférais faire ça seul afin d'être tranquille. Parfois, l'Indonésie est un pays qui peut être fatiguant moralement...

dimanche 27 juin 2010

Pied marin à Tanjung Priok



Mais à quai. Je reviens de quelques jours à Jakarta où j’étais affecté comme officier de liaison dans le cadre de ma fonction de réserviste. Il s’agissait ici de préparer l’escale du BCR Somme, Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement au sein duquel est affecté l’Etat-Major Inter Armées française pour l’océan indien.

Levé tôt et couché tard pendant 3 jours, j’ai pu profité d’une sorte de retour aux sources qui m’a fait le plus grand bien ; Si la mission n’est pas la plus difficile qu’il soit (escorter des autorités françaises auprès de leurs homologues indonésiens et servir de temps à autre d’interprète, elle est extrêmement prenante et fatigante. Mais il y a de nombreux bons côtés- outre le fait de retrouver enfin e la bonne nourriture de chez nous et un peu de vin – et l’accueil réservé par l’équipage fut chaleureux. Je serais bien resté plus longtemps, et j’espère pouvoir a nouveau me retrouver dans cette fonction.


P.S.: retour en France le 14 août prochain, avec une arrivée à Genève.

jeudi 17 juin 2010

Décidément…

Il faut que je trouve un peu de temps pour alimenter le blog. Non pas que je sois overbooké ces derniers jours, mais j’ai toutefois pas mal de travail. Le premier, c’est de trouver un moyen de poursuivre mes recherches ici, soit par le biais d’un financement, soit par un emploi. Pour le moment, on ne peut pas dire que j’ai beaucoup d’opportunités. Les seules réponses que j’ai pu avoir s’avèrent à ce jour négatives. Mais je ne désespère pas.
Il faut dire aussi que je suis assez pris dans l’organisation de mon emploi du temps, et notamment mes terrains de recherche. C’est une déception, mais aujourd’hui c’est certain, je ne pourrais aller à Aceh. Si je dois assister aux exercices de la marine US aux Moluques, je vais laisser Ace de côté et y retourner l’an prochain. Par ailleurs, je serais la semaine prochaine à Jakarta, cette fois-ci pour la Marine et mon travail de réserviste. Je devrais retourner sur Jogja lors du dernier weekend de juin. A ce moment, il sera temps de récupérer mon passeport. Car oui, je vais profiter de ce message pour vous raconter mes mésaventures avec l’immigration.
Mon visa devant être renouveler le 31 mai, je me décide deux semaines avant à demander les différents documents nécessaires à la fac. Je ne les obtiendrais que 4 jours avant le lundi 31. Le samedi 29 au matin, je pars donc vers le bureau de l’immigration, situé à proximité de l’aéroport. Mais nous sommes samedi, et je suis bien trop habitué aux commerces ouverts tous les jours et à toutes heures. Ce n’est pas le cas de l’immigration bien sur.
Pas de problèmes, j’irais le lundi. Après avoir acheté un dossier spécifique à 7000 IDR, je donne ce dernier à l’agent d’immigration. Et là, c’est le drame. J’apprends que mon visa de 60 jours était en fait un visa de 58 jours. Je suis donc en overstay et me voici affublé d’une amende d’environ 35€. Par ailleurs, la lettre fournie par la fac n’est pas la bonne, il faut une lettre signé par la seule et unique personne de la fac habilitée par l’immigration. Retour à la fac, gueulante contre le secrétariat qui finalement se débrouillera pour me fournir la lettre adéquate au plus vite. Je retourne alors à l’immigration, le secrétariat s’étant assuré que le bureau était encore ouvert. Au comptoir d’accueil, l’agent me donne même un numéro et me voila devant le guichet…. Fermé. Je finis néanmoins par obtenir qu’un agent prenne en charge mon dossier. Problème, ils veulent que je règle mon amende le lendemain alors que je suis attendu à Jakarta. S’en suit une longue phase de négociation, puis des questions sur mes activités et les personnes que je vois à Jakarta.
Enervé par la procédure, je fais comprendre à l’agent que ces questions n’ont aucun sens et ne le regarde en aucune manière. Finalement, j’obtiens gain de cause : une personne du bureau pourra venir gérer mon dossier quand je serais sur Jakarta. Le vendredi suivant, me voici de retour pour récupérer mon passeport. On m’annonce alors qu’il ne sera prêt que le lundi suivant. Et là, grande surprise, mes 30 jours de prolongations sont devenus 24 jours… ne cherchant plus à comprendre, je quitte enfin le bureau de l’immigration de Yogyakarta, réputé pour son manque de professionalisme et la corruption latente qui l’entoure. Et dire qu’il faut y retourner la semaine prochaine…

lundi 7 juin 2010

En retard


Comme souvent je suis en retard pour le blog. Concernant Belawan et jakarta, je vais essayer de résumer au maximum. Commençons donc par Belawan. Ma dernière journée de recherche me permettra d'effectuer plusieurs entretiens. Je rentrerais bien fatigué à mon hotel. Le lendemain, il est temps de rejoindre Jogja après une très longue correspondance à Jakarta. Si le Medan-Jakarta se déroule bien, malgré l'absence de visibilité sur l'ensemble du parcours, c'est le Jakarta-Jogja qui posera problème. première nouvelle, nous décollons avec 30 minutes de retard, car l'aéroport de Jogja est... fermé. En effet, la saison des pluies - qui devait prendre fin au début du mois de mai - persiste. Le vol sera comblé de différents trous d'airs et autres perturbations, et l'atterrissage à Jogja sera comme à l'accoutumée brutal. Mais qu'il est bon de rentrer à la maison après un séjour de recherche intensif.
Le bilan s'avère positif: de nombreuses interviews, des pistes de recherches découvertes, un ensemble de données qu'il va falloir traiter maintenant, et la promesse d'une nouveau séjour - bien plus court - afin de vérifier tout cela.

L'étape suivante pour les recherches futcelle de Jakarta: deux jours dans la capitale, 3 rendez-vous. Au final là aussi, beaucoup de positifs et d'informations. Comme toujours, je passerais une partie de mon après midi à attendre à l'aéroport. Je prévois toujours large pour éviter les bouchons et prendre le dernier vol pour rejoindre Jogja.

Après ces longs moments sur le terrain, le retour à jogja m'a fait du bien. j'ai profité de mon dimanche pour aller en bord de mer, comme le montre cette photo de Kukup. Mauvaise nouvelle par contre, la saison des pluies ne veut plus finir. Aujourd'hui, il a commencé à pleuvoir à 15H. Il est 22H et aucune éclaircie à venir avant demain matin...

J'essayerais dans mon prochain message de développer sur mon passage à l'immigration. pas d'inquiétude, j'ai eu ma prolongation de visa. mais ce fut épique...