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mardi 21 décembre 2010

Tremblement de terre



Carte des plaques tectoniques. On voit bien que Java est située sur la limite (source: vulcania.com) CLIQUER SUR LA CARTE POUR UNE VUE D'ENSEMBLE
Après le volcan, voici que la terre tremble.
Je dois reconnaître que c'est le premier tremblement de terre que je ressens réellement. Ce mardi matin, un peu avant 11H00, alors que j'étais chez moi, j'ai commencé à entendre des vibrations, puis, j'ai vu certains de mes meubles bouger. A cet instant, j'étais sur mon sofa et je sentais distinctement les vibrations qui ont duré un peu plus d'une dizaine de seconde.

L'électricité étant coupée, j'ai tout de suite la confirmation de la secousse. Quelques instants plus tard, j'apprends que l'épicentre se situait dans l'Océan Indien, à environ 160KM au sud-est de Jogja et à 16 KM de profondeur. L'intensité relevée indique un 5,8 sur l'échelle de Richter. ce n'est pas le "Big One", mais cela commence déjà à secouer.

Je l'avais déjà expliquer dans un précédent billet, l'Indonésie est située sur la ceinture de feu du Pacifique, qui s'étend jusqu'au détroit de Béring puis, rejoins le Cap Horn par la cordillère des Andes. Se succède un ensemble de volcans et de fréquents tremblements de terre, dû au mouvements des différentes plaques tectoniques.

l'Indonésie est située à la croisée des plaques Indo-Australienne et Eurasienne. D'où un nombre élevé de séismes, d'éruptions volcaniques, voire de Tsunami.


Sinon, la saison des pluies ne fait que commencer. Si le weekend dernier le temps fut plus que clément, l'orage d'hier était très impressionant. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter vu que cette année, nous bénéficions de La Niña, qui a pour particularité d'intensifier les précipitations

dimanche 5 décembre 2010

La saison des pluies...




Photo de la rivière Code à Jogja ( source: jakarta post)









La saison des pluies a bien démarré. Ce dimanche, la pluie est tombée sans discontinuer pendant toute l'après-midi. Et cette saison des pluies va durer jusqu'au mois d'avril. Tout en sachant qu'il s'agit de la meilleure hypothèse.

L'an dernier, cette saison des pluies s'est étendue jusqu'au début du mois de juin. Et la saison sèche fut très courte, au grand désespoir des habitants de Jogja. Cette saison, il est déjà question de l'influence de La Niña, mais aussi de l'éruption du Merapi. Ainsi, certains chercheurs ont annoncé que les particules de cendres allaient changer les conditions climatiques sur la région: plus d'humidité, un temps plus frais et donc plus de précipitations.

Pour le temps plus frais, je demande encore à voir. Temps lourd oui, températures "basses", ce n'est pas encore le cas. Au quotidien, il convient de ne pas oublier les chaussures de rechange (afin d'éviter de voir ses chaussures moisirent, comme c'est le cas pour deux de mes paires...) et le fidèle "K-Way" local. Je dois aussi surveiller la porte de ma cuisine, celle-ci donnant sur un petit jardin - enfin aujourd'hui, c'est plus une plaine de cendres et de sable volcanique avec quelques pousses vertes - qui devient rapidement une mare, déversant sur la porte de la cuisine. il n'est pas non plus rare que Jalan Kaliurang, la principale route menant à ma résidence depuis Jogja, soit transformée par endroits en un petit ruisseau.

Bien sur, il convient aussi de faire attention aux rivières. Avec les risques de Lahars, les cours d'eau peuvent devenir dangereux, voire meurtrier (cf. billet précédent). Mais pour cela, les autorités en charge de la prévention son relativement efficace. Vendredi dernier, l'une de ces coulées de boues à fait des dégats sur les habitations à proximité de la rivière Code, dans le centre ville. Si le périmètre de sécurité est passé à 2,5KM pour certaines zones, il reste à 15 au dessus- de chez moi et le risque de lahars reste important. Heureusement, je ne réside pas à proximité immédiate d'une rivière.

A venir, un billet sur le "business" du sable volcanique... une activité actuellement en pleine expansion ;)

vendredi 3 décembre 2010

Independenza!? Ou pas...



un passeport du Sultanat de Yogyakarta. Comme souvent, les réseaux sociaux donnent le ton...
Sous ce titre provocateur, quelques informations sur "le débat" actuel à Yogyakarta, qui mobilise les foules. Non, il ne s'agit pas du volcan, ou d'une énième mesure de lutte contre la corruption...

Il y a une semaine, le président Indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono (SBY) a fait part de son étonnement quant à la position peu démocratique du Gouverneur de Yogyakarta. En effet, celui-ci est aussi Sultan et selon le statut spécial de la région, est nommé et non élu. Réaction d'indignation d'une partie de la population locale. L'autre moitié attends quant à elle un changement radical avec la mise en place d'élections. Le buzz s'est fait sur Internet, avec la publication de "passeport Yogyakartanais", un appel à une utilisation de la monnaie locale sous le sultanat et divers autres témoignages - la plupart ironiques - de la part des internautes.

Au-delà du potentiel comique, cette déclaration de SBY permets d'aborder un véritable casse-tête politique. Pour mieux comprendre, il faut s'intéresser à l'Histoire de la région.

Le Sultanat de Yogakarta est fondé en 1746 et occupe une partie du Royaume de Mataram (Java Centre). Mais voilà, lors d'une dispute, le frère du Roi rejoint l'un des neveux, entré en rébellion. Pour arranger les choses, le colonisateur néerlandais - par essence, le Néerlandais est fourbe. Si vous n'en êtes pas convaincu, je vous invite à découvrir ou redécouvrir l'expression "going Ducth" ici: http://en.wikipedia.org/wiki/Going_Dutch .

bref, le Néerlandais est fourbe et radin, et il décide de profiter de cette lutte pour le pouvoir en scindant le sultanat en deux entités: le sultanat de Yogyakarta bien sur, et le sultanat de Surakarta (aujourd'hui, Solo, considérée par les amateurs comme étant l'équivalent de Yogyakarta au niveau culturel, mais sans les touristes).

Au fil des années, le sultan de Solo se rapproche des Néerlandais. c'est ce qui le perdra lorsque l'Indépendance de l'Indonésie sera proclamée. ostracisé par son rôle de collaborateur, il perd son pouvoir contrairement à celui de Yogyakarta. D'ailleurs, l'adhésion de la région de Yogyakarta à la République Indonésienne se fait selon certaines conditions: entre autre, le gouvernement indonésien doit reconnaître le statut particulier du sultanat, en permettant au sultan de conserver ses privilèges.
Ainsi, le sultan endosse de facto la charge de gouverneur: il n'y a pas d'élection, contrairement aux autres régions d'Indonésie, le sultan est donc nommé gouverneur, pour le meilleur et pour le pire...

En s'interrogeant ouvertement sur ce processus non-démocratique, SBY s'attaque à un véritable serpent de mer. Certes, une partie de la population prône une conservation du statut spécifique de Yogyakarta et des prérogatives du sultan-gouverneur. Mais deux courants s'y opposent. Le premier est ouvertement démocratique. il s'agit majoritairement d'habitants de la région , majoritairement non-originaire de Yogyakarta et qui espèrent la mise en oeuvre d'un réel processus de désignation démocratique.

Le second courant est plus contestable: il s'agit majoritairement d'acteurs politiques de la région qui voient leurs ambitions politiques limitées. La charge de gouverneur peut être perçue comme le summum d'une carrière politique, et les Bupati (à la tête des Kapubaten, qui peut être traduit par département) aimeraient bien accéder à cette fonction suprême.


Alors, bonne ou mauvaise chose? Difficile à dire, mais il semblerait - et c'est une bonne chose - qu'un réferundum soit mis en oeuvre. La bataille risque d'être intéressante à suivre en tout cas!

vendredi 26 novembre 2010

L'éruption du Merapi


A mon retour en Indonésie, au début du mois d'octobre, je ne m'attendais pas à vivre une telle expérience: l'éruption du Merapi. Bien sur, le volcan le plus actif du monde est connu pour se réveiller tous les 4 ou 5 ans. Mais cette fois-ci, ce fut ce que les scientifiques nomment déjà l'éruption du siècle.

Tout débuta à la fin du mois d'octobre, avec une forte chaleur dans la région, et une inquiétude croissante du centre de vulcanologie. Le 26 octobre, l'éruption débute. Une trentaine de morts sont dénombrés. Mais le Merapi n'en a pas fini. cette éruption du 26 octobre est somme toute classique. Mais l'intensité de l'activité s'accroit. Dès le 30 octobre, c'est une pluie de cendres qui recouvre la région. A cette période, je suis alors à Bangkok, puis à Kuala Lumpur. Suivant les informations à distance, j'en suis à me demandé si je vais pouvoir rejoindre Jogja.

C'est ce que j'arriverais à faire le 3 novembre 2010. Le paysage vu d'avion est sinistre: l'ensemble des bâtiments sont recouverts de cendres. je rejoins toutefois sans difficulté mon domicile, situé à 7 à 8 kilomètres (selon les cartes, mais je reviendrais sur ce sujet dans un prochain message) du périmètre de sécurité d'alors (15KM).

Le 4 novembre au matin, je suis réveillé par une forte chaleur: à l'extérieur, le temps est magnifique et je peux voir le Merapi cracher son panache de cendres. les nuées ardentes sont de plus en plus nombreuses, et l'on entends parfaitement le volcan grogner. Dans l'après midi, la visibilité est nulle, mais l'ont continu à entendre le volcan. Aux alentours de 17H00, on entendra le volcan à 30KM de distance. restant éveillé, je suis surpris par un coup de téléphone après minuit: ca y est, la grosse éruption a commencée.

le périmètre de sécurité passe à 20KM et j'observe un phénomène intriguant et effrayant: une pluie de sable, de cendres et de résidus de pierre ponce. S'y ajoute une boue volcanique qui va recouvrir l'ensemble de la rue. Ce qui surprend le plus, c'est l'odeur des gaz volcaniques. Et ce calme. Bien sur, on entend au loin les sirènes des services de secours, mais le bruit qui domine, c'est celui de cette pluie de sable. un crissement léger. Perturbant, car inconnu, mais qui n'est pas si dépourvu de charme. C'est sans doute dans ces moments que l'on s'attache à ces petits détails.

Il n'est pas question de prendre des photos. Déjà, c'est déjà la panique aux alentours, l'exode. Les voisins chargent leurs véhicules et fuient, vers le Sud. Mais je décide de rester à mon domicile, préférant éviter de prendre des risques sur des routes surchargées de réfugiés et de déplacés. Et puis, en se rapprochant des voisins, je me rends compte que ces derniers sont branchés sur la fréquence radio des Tim SAR, ces équipes de volontaires qui sans équipements vont braver les nuées ardentes afin de secourir les victimes. Mieux vaut faire confiance à des connaisseurs plutôt qu'aux médias indonésiens. Ces derniers ne méritent rien d'autre que le mépris. Sous couvert de liberté d'information, ils sont les principaux responsables d'une panique qui auriat pu coûter des vies.

Aux alentours de midi le vendredi 5 novembre, je décide d'évacuer à mon tour. Non pas que la maison soit menacée. Mais je n'ai plus d'eau. Il semblerait que l'ensemble des réservoirs soient envahis par les boues volcaniques. Me voici alors parti pour 5 nuits en hôtel, suivant l'évolution de l'éruption et essayant d'aider dans la mesure du possible.

Le retour se fera le mardi suivant, alors que l'eau est elle aussi revenue. Depuis? une vigilance accrue et l'attente d'une fin officielle de ce qui est encore aujourd'hui l'éruption du siècle

samedi 10 juillet 2010

Keris, Kriss, Kris



Non, ce n'est pas une ovation pour le capitaine de l'Olympique Lyonnais. Mais avec le Keris, nous entrons dans la mystique javanaise. Il s'agit d'une arme: un couteau de fort belle taille, traditionnel de la culture javanaise. Pour les Indonésiens - comme pour les Malais et certains Philippins - cette dague possède un pouvoir mystique. Plus traditionnellement, elle fut longtemps utilisée par les pirates malais, car peu encombrante et relativement efficace. Aujourd'hui, les véritables Keris possédant un pouvoir magique se négocient à plus de 1000 euros pièce. Et il faut accomplir un cérémonial, car le Keris possédant une âme - ainsi que l'âme de ses anciens propriétaires - c'est lui qui vous choisi. Par ailleurs, le futur détenteur doit déjà savoir a qui il confiera son Keris lors de sa mort, car son âme accompagnera le futur propriétaire.

Au premier abord, tout ceci pourrait paraître un peu trop mystique, mais pour avoir vu certains phénomènes, je suis persuadé qu'il y a du vrai dans la magie noire javanaise. Pour en revenir au Keris, me voici depuis deux jours à la recherche d'une de ces dagues pour un cadeau à faire à l'un des personnels de l'ambassade. Car oui, c'est bien à Jogja que l'on trouve les meilleurs Keris. Principale difficulté, sans trouver un véritable Keris magique, il me faut une véritable pièce et non pas une nouveauté réalisée dans le but d'arnaquer un touriste.

Accompagné de Sofia, je me rend donc à Kota Gede, quartier des antiquaires. Premier constat, il ne sera pas aisé de trouver un keris ici: les vendeurs de bijoux en argent sont formel, il n'y a que quelques échoppes qui proposent ces produits. Et il fat les trouver, non pas dans la rue principale, mais dans un dédale. Une fois sur place, l'échoppe semble fermée: rien pour la signaler, à l'exception d'un rideau de fer en devanture. La vendeuse d'un magasin nous encourage à nous renseigner auprès des habitations attenantes. Finalement, le fils du propriétaire, que nous dérangeons devant ses dessins animés, va chercher son père.

Très serviable, il nous ouvrira son magasin, nous prévenant tout de suite quels sont les vrais Keris et les versions touristes. Je trouve alors mon bonheur (photo), et je préviens le patron: je vais revenir pour en acheter d'autres!



La journée se terminera par un déjeuner chez K-Meal, le restaurant français de Jogja. Quel plaisir de retrouver un peu de gastronomie au fin fond de Java. Camille, le propriétaire, est installé à Jogja depuis 2 ans, et son restaurant propose une carte française adaptée pou des tarifs plus que correct. Ainsi, il n'est pas rare que Camille fasse plus de 700 couverts par semaine.
Et ce retour à la vraie bonne bouffe n'est pas fini car je passe le 14 juillet à Jakarta, avant de fêter à Jogja les 35 ans du Centre Culturel Français (le fameux LIP).

vendredi 9 juillet 2010

L'hôpital


Parce qu'il fallait bien y passer autrement que pour une consultation, je me suis retrouvé hospitalisé pendant quelques jours. La faute à une infection urinaire résistante aux bactéries et qui commençait à infecter un certain nombre de fonctions de mon corps. Tout à débuté avec des douleurs dans le bas du dos jusqu'à l'emplacement supposé des reins. Le tout accompagné d'une fièvre en progression. Ainsi, le lundi soir, malgré 4 grammes de paracétamol et de nombreuses compresses, je ne descendrais pas en dessus de 38,5°. Décision est prise d'aller à l'hôpital, et le choix est arrêté sur Panti Rapih, hôpital privé catholique (car oui, n'oublions pas que nous sommes en Indonésie et que tout est religieux - ce qui commence à vraiment me lasser, mais c'est un autre sujet).

Une fois à l'hôpital, j'annonce clairement à l'accueil, je veux voir un autre urologue que celui qui ne m'a prescrit que des antibiotiques de base pour une durée de 5 jours. Après une longue attente, le médecin me reçoit et décide de m'hospitaliser un minimum de 3 jours. Mais avant toute chose, il décide de me faire passer une échographie. Première échographie pour ma part et première surprise à cette occasion.J'apprends en effet que je n'ai qu'un seul et unique rein, et qu'il y aurait quelque chose de pas très net à l'intérieur de ce dernier. Me voici dans l'attente de nouveaux examens.

Fort heureusement, ces derniers ne révèleront rien de grave. Après 3 jours, j'ai l'autorisation de sortir. Je passerais alors l'après midi à régler les différents problèmes d'assurance. Et les jours suivants à prendre un peu de repos. Je me serais bien passé de tout ça, mais fort heureusement, j'ai été dirigé vers le meilleur hôpital de la ville, comme quoi, tout s'arrange.

Petite anecdote avant de terminer. Panti Rapih est donc un hôpital privé catholique. c'est ainsi que le soir, les infirmières venaient me proposer une communion. J'avoue avoir eu peur le premier soir. Et encore plus quand j'ai vu la tête de l'infirmière lorsque j'ai refusé. Elle n'a cessé de me répéter que j'étais inscrit en tant que catholique, et qu'elle ne comprenait pas. J'ai donc improvisé un petit cours sur l'athéisme et la laïcité - qui n'a servi à rien. En désespoir de cause, je lui ai annoncé que je préférais faire ça seul afin d'être tranquille. Parfois, l'Indonésie est un pays qui peut être fatiguant moralement...

jeudi 17 juin 2010

Décidément…

Il faut que je trouve un peu de temps pour alimenter le blog. Non pas que je sois overbooké ces derniers jours, mais j’ai toutefois pas mal de travail. Le premier, c’est de trouver un moyen de poursuivre mes recherches ici, soit par le biais d’un financement, soit par un emploi. Pour le moment, on ne peut pas dire que j’ai beaucoup d’opportunités. Les seules réponses que j’ai pu avoir s’avèrent à ce jour négatives. Mais je ne désespère pas.
Il faut dire aussi que je suis assez pris dans l’organisation de mon emploi du temps, et notamment mes terrains de recherche. C’est une déception, mais aujourd’hui c’est certain, je ne pourrais aller à Aceh. Si je dois assister aux exercices de la marine US aux Moluques, je vais laisser Ace de côté et y retourner l’an prochain. Par ailleurs, je serais la semaine prochaine à Jakarta, cette fois-ci pour la Marine et mon travail de réserviste. Je devrais retourner sur Jogja lors du dernier weekend de juin. A ce moment, il sera temps de récupérer mon passeport. Car oui, je vais profiter de ce message pour vous raconter mes mésaventures avec l’immigration.
Mon visa devant être renouveler le 31 mai, je me décide deux semaines avant à demander les différents documents nécessaires à la fac. Je ne les obtiendrais que 4 jours avant le lundi 31. Le samedi 29 au matin, je pars donc vers le bureau de l’immigration, situé à proximité de l’aéroport. Mais nous sommes samedi, et je suis bien trop habitué aux commerces ouverts tous les jours et à toutes heures. Ce n’est pas le cas de l’immigration bien sur.
Pas de problèmes, j’irais le lundi. Après avoir acheté un dossier spécifique à 7000 IDR, je donne ce dernier à l’agent d’immigration. Et là, c’est le drame. J’apprends que mon visa de 60 jours était en fait un visa de 58 jours. Je suis donc en overstay et me voici affublé d’une amende d’environ 35€. Par ailleurs, la lettre fournie par la fac n’est pas la bonne, il faut une lettre signé par la seule et unique personne de la fac habilitée par l’immigration. Retour à la fac, gueulante contre le secrétariat qui finalement se débrouillera pour me fournir la lettre adéquate au plus vite. Je retourne alors à l’immigration, le secrétariat s’étant assuré que le bureau était encore ouvert. Au comptoir d’accueil, l’agent me donne même un numéro et me voila devant le guichet…. Fermé. Je finis néanmoins par obtenir qu’un agent prenne en charge mon dossier. Problème, ils veulent que je règle mon amende le lendemain alors que je suis attendu à Jakarta. S’en suit une longue phase de négociation, puis des questions sur mes activités et les personnes que je vois à Jakarta.
Enervé par la procédure, je fais comprendre à l’agent que ces questions n’ont aucun sens et ne le regarde en aucune manière. Finalement, j’obtiens gain de cause : une personne du bureau pourra venir gérer mon dossier quand je serais sur Jakarta. Le vendredi suivant, me voici de retour pour récupérer mon passeport. On m’annonce alors qu’il ne sera prêt que le lundi suivant. Et là, grande surprise, mes 30 jours de prolongations sont devenus 24 jours… ne cherchant plus à comprendre, je quitte enfin le bureau de l’immigration de Yogyakarta, réputé pour son manque de professionalisme et la corruption latente qui l’entoure. Et dire qu’il faut y retourner la semaine prochaine…

lundi 7 juin 2010

En retard


Comme souvent je suis en retard pour le blog. Concernant Belawan et jakarta, je vais essayer de résumer au maximum. Commençons donc par Belawan. Ma dernière journée de recherche me permettra d'effectuer plusieurs entretiens. Je rentrerais bien fatigué à mon hotel. Le lendemain, il est temps de rejoindre Jogja après une très longue correspondance à Jakarta. Si le Medan-Jakarta se déroule bien, malgré l'absence de visibilité sur l'ensemble du parcours, c'est le Jakarta-Jogja qui posera problème. première nouvelle, nous décollons avec 30 minutes de retard, car l'aéroport de Jogja est... fermé. En effet, la saison des pluies - qui devait prendre fin au début du mois de mai - persiste. Le vol sera comblé de différents trous d'airs et autres perturbations, et l'atterrissage à Jogja sera comme à l'accoutumée brutal. Mais qu'il est bon de rentrer à la maison après un séjour de recherche intensif.
Le bilan s'avère positif: de nombreuses interviews, des pistes de recherches découvertes, un ensemble de données qu'il va falloir traiter maintenant, et la promesse d'une nouveau séjour - bien plus court - afin de vérifier tout cela.

L'étape suivante pour les recherches futcelle de Jakarta: deux jours dans la capitale, 3 rendez-vous. Au final là aussi, beaucoup de positifs et d'informations. Comme toujours, je passerais une partie de mon après midi à attendre à l'aéroport. Je prévois toujours large pour éviter les bouchons et prendre le dernier vol pour rejoindre Jogja.

Après ces longs moments sur le terrain, le retour à jogja m'a fait du bien. j'ai profité de mon dimanche pour aller en bord de mer, comme le montre cette photo de Kukup. Mauvaise nouvelle par contre, la saison des pluies ne veut plus finir. Aujourd'hui, il a commencé à pleuvoir à 15H. Il est 22H et aucune éclaircie à venir avant demain matin...

J'essayerais dans mon prochain message de développer sur mon passage à l'immigration. pas d'inquiétude, j'ai eu ma prolongation de visa. mais ce fut épique...

vendredi 21 mai 2010

Don Corleone version équatoriale

Mauvaise nouvelle pour mon collègue doctorant espagnol. Son logement a été cambriolé hier soir alors qu'il participait à un match de futsal. A son arrivée, plus d'ordinateurs, de carte de crédit, de montre, de sandales (oui, de sandales...) ni d'appareil photo. Il est donc arrivé ce matin relativement dépité, et on peut le comprendre. Jusqu'à ce que l'un des chercheurs lui recommande de contacter un membre de l'équipe. Ce dernier aurait des connaissances avec le milieu. Quelques minutes plus tard, Joann reçoit un coup de téléphone. Il s'agit du "parrain" de son quartier. il connait le membre de notre équipe car ils sont tous les deux originaires de Madura. Rendez-vous est pris, et je n'en sais pas beaucoup plus pour le moment. Toutefois, l'un des chercheurs m'a expliqué comment allait se passer la rencontre. Le parrain va tenter de retrouver les biens volés. Et va offrir sa protection à Joann: peu de chance de voir un tel évènement se reproduire.

Ce type de réseau existe partout dans le monde. Ce qui est particulièrement intéressant dans le cas indonésien, c'est de voir qu'il vaut vraiment mieux passer par ces mafias locales que par la police. En effet, cette dernière, de l'avis même des indonésiens, est tout bonnement incapable d'assurer la mission qui lui est confiée. Toutefois, la criminalité reste basse, les délits sont assez rares (à l'exception du non respect du code de la route - si celui-ci existe en Indonésie...).
On peut donc assez facilement acheter la protection d'un mafieux du quartier. Certains chercheurs l'ont deja fait et sont aujourd'hui tranquille.

Mais ce qu'il faut retenir, c'est avant tout que si l'on n'éprouve pas pour autant de sentiment d'insécurité, il convient, comme toujours d'être vigilant.
Très sincèrement, la situation est moins dangereuse que celle que l'on peut connaître en Europe, mais la vigilance doit rester le maître mot. A l'instar des terrains de recherche, il faut savoir s'entourer des bons interlocuteurs, signaler aux autorités compétentes ses déplacements, et parfois, ne pas chercher à trop en savoir. C'est fort de ce rappel méthodologique que je me dirige dimanche sur Belawan et Medan. Une enquête dans le milieu portuaire, rien de tel pour commencer mon terrain. J'essayerais de me connecter afin de donner quelques nouvelles, mais si ce n'est pas le cas, je serais de retour sur internet jeudi soir.

vendredi 14 mai 2010

Comment j’ai escroqué la police



Samedi dernier, je prends le périphérique pour rentrer chez moi. Sur Jalan Gejayan, l’avenue sur laquelle donne ma maison, j’aperçois un policier faisant signe à l’ensemble des cyclomoteurs de s’arrêter. Me voici dans une ruelle avec des dizaines de scooters et motos et une bonne douzaine de policiers en uniforme. Ils sont là pour vérifier les papiers et permis des usagers. Pour les papiers, aucun soucis, je les ai. Le cas du permis est un peu plus complexe.
Je l’ai déjà évoqué, la corruption est omniprésente ici. Surtout au niveau de la police. Ainsi, les Indonésiens ont tendance à plaisanter de leur examen permettant d’obtenir le permis de conduire. Ils répètent souvent que cette épreuve est tellement difficile que personne n’arrive à obtenir son permis sans le payer. Il suffit donc de se rendre dans un poste de police, de payer 400 000 IDR (soit 32€ a peu près, au misérable taux de change actuel), et voila, vous avez un permis. Je ne l’ai pas encore fait, mais je compte m’y rendre avant de partir, histoire d’avoir un souvenir original de mon séjour.
Bref, me voici face à l’agent de police, je tends mes papiers et il me demande mon permis. Je m’excuse et lui dis que je l’ai laissé chez moi. Il s’apprête à me laisser passer quand son collègue, essayant de s’exprimer dans un anglais approximatif, me signale que je dois payer une amende. Très sincèrement, je m’apprétais à payer, avec le peu de liquide que j’avais sur moi, quand je me suis dis que je pouvais tenter quelque chose. J’annonce au policier que j’ai mes permis français avec moi. Je prends donc mon porte feuille et lui tends ma carte de transport en commun à Lyon ainsi que ma carte d’identité militaire. Cette dernière, avec son tampon officiel fait son effet. Mais plus surprenant c’est la carte de transport qui fera la décision. Merci aux TCL d’avoir inscrit « BUS » « M » (pour métro ) et « T » sur cette carte. Car mes deux policiers, pas vraiment très malins il faut dire (mais je rappelle que la police ici n’est pas efficace : on paye pour l’intégrer) se font piéger, en me demandant si je peux aussi conduire un bus. J’affirme que oui, me retenant de rigoler, et les voila me laissant poursuivre ma route sans payer la moindre amende. Ce pays ne cesse de me surprendre…

mercredi 5 mai 2010

Flash flood ou le plaisir des inondations surprises



Officiellement, la saison des pluies est finie. Je dis bien officiellement. Car tous les jours, la pluie persiste. Plutôt que la fin d’après midi, comme à l’accoutumée, les orages débutent dès 14 heures pour se poursuivre parfois jusqu’à la prière de fin de journée (18h). J’ai eu l’occasion aujourd’hui de constater les dégâts de ces averses. Ayant attendu sagement la fin du gros du grain, je m’élance vers la maison. Première surprise, il ne subsiste que des grosses flaques sans grande importance. C’était sans compter sur la topographie torturée de Yogyakarta. Je me décide à prendre un raccourci et me retrouve, en passant une côte, dans un torrent. J’ai beau chercher la route, je ne la vois pas. En effet, la route est devenu le lit d’une rivière. Observant les locaux, je me rend compte que la solution est de maintenir le guidon droit, de relever les jambes et d’accélérer. Et ça marche !
Pourtant, l’aventure ne fait que débuter. Arrivé sur Jalan Colombo et son énorme pente, je vois quelques motos en difficulté. Et c’est là que j’apprécie la boite manuelle de mon scooter. Pas besoin de trop réfléchir, il suffit de faire appel à la puissance du moteur, et cela passe. Enfin, cela passe jusqu’à un certain point. Le haut de la rue est devenu lui aussi une rivière. Ca et là, des passants s’improvisent agents de la circulation. Il faut faire reculer ce bus, puis laisser passer les deux camions. Ensuite, ce sera le tour des motos. L’attente au milieu de l’eau durera bien 5 bonnes minutes. Je me décide à prendre des photos, et bien sur, c’est à nous de passer. Me voici dans dédale de petites rues qui me font déboucher sur des endroits dont je ne soupçonnais pas l’existence. Balade sympathique, mais humide. A ma grande surprise, je finis par arriver chez moi.

Le programme des jours à venir va resté chargé. Une seule exception, un jour férié qui tombe à point jeudi prochain, pour l’ascension. D’ailleurs, avec mon comparse chercheur espagnol, nous avons eu l’occasion de beaucoup rigoler. Car comment traduire l’ascension en Indonésien ? Et bien, rien de plus simple si l’on se fit aux discussions de nos collègues indonésiens : Jesus naik, ce qui signifie, Jésus monte. Pas besoin de se prendre la tête au moins.

jeudi 15 avril 2010

Retour à la vie quotidienne



Une semaine bien banale qui vient de s’écouler. Au programme, travail quotidien, cours et repos. Je me suis enfin débarasser de ce gros rhume qui semble toucher tout le monde ici. Il faut dire que cette fin de saison des pluies n’aide pas, avec une alternance entre de gros orages bien frais et une chaleur tout bonnement étouffante, se rapprochant de plus en plus des 40° celcius.
Concernant mes activités professionnelles, j’ai donné mon second cours cette semaine, avec une présentation générale du fonctionnement de la défense française. Bon, je le reconnais, c’était sans doute moins intéressant que le précédent cours pour les pauvres étudiants, aussi actif que des moules au soleil dans l’attente du retour de la marée haute. Mais je leur prépare un cours sympathique pour la prochaine séance. Et nous verrons bien s’ils se décident à être plus actif.

Pour ce qui est de mes recherches, c’est un peu le rush en ce moment. Recherches pour la thèse bien sur, mais aussi divers « petites » tâches qui finissent par prendre beaucoup de temps. C’est bien simple, en ce moment je n’ai pas l’occasion de continuer mes cours de langue (j’espère pouvoir m’y remettre dès la semaine prochaine). Entre un article sur lequel je bute et que je dois finir rapidement, un article/discours demandé par la Marine à remettre rapidement (sur lequel je bloque encore plus, n’étant pas spécialiste de la guerre d’Indochine. Mais je pense que quelques citations du Crabe Tambour m’inspireront), la tentative d’avancée sur mon bouquin (je dois remettre le manuscrit au mois d’octobre), la tentative d’organisation de mon planning et la recherche de financement pour la prochaine année, j’ai du mal à voir le jour.
Le planning est sans doute la chose qui me demande le plus d’énergie. En effet, je dois aller sur Jakarta, ce qui ne m’enchante guère tant la ville est à mille lieues du cadre agréable de Jogja. D’autant plus qu’avec l’infernale circulation, il faut que je compte 4 heures de trajet aller-retour pour me rendre de l’aéroport à mon point de rendez-vous. Voila le topo, un rendez-vous par jour maximum, et le sentiment de perdre sa journée.
Pour la recherche de financement, je viens de finir le ciblage, il me reste donc à faire parvenir des dossiers, en comptant sur quelques personnes de mon réseau afin d ‘appuyer mes candidatures.
La photo n’a rien à voir avec le sujet. Cet enfant tente de réparer son pauvre cerf volant dans l’enceinte de la fac. Car ici, le cerf volant, cela reste une affaire sérieuse !

scène surréaliste


J'ai pu assister hier, en sortant de la fac,à une scène totalement incroyable. Alors que j'attendais tranquillement à un feu de circulation en panne (comme tous les deux jours) j'observais face à moi les policiers en charge de la circulation. Rien de bien exceptionnel jusque là. J'aperçois alors l'un des deux agents faire signe à une moto de s'arrêter. Le conducteur roule sans casque, sa passagère au contraire en porte un. Je m'attends à l'habituelle demande de rançon, comme j'aime à qualifier la corruption quotidienne qui règne dans le pays. Mais rien de tout celà! Je vois alors la passagère léguer son casque au conducteur puis traverser la rue. Une fois que la moto l'a rejoint, l'échange de casque se fait, et le couple s'élance sur le bitume, les policiers tournant volontairement le dos.

Très sincèrement, je m'attendais à une amende à payer, mais rien de tout cela! Juste une habile négociation qui permet à tous les protagonistes de s'en tirer sans grand dommage. Il fat dire que la police ici - à l'instar de l'armée - est l'un des principaux organes corrompu. On peut le regretter et critiquer, à juste titre. Mais en s'attachant aux aspects culturels, cette corruption parait plus "normale". Quelques explications toutefois.

Le statut de policier ou de militaire est extrêmement valorisant dans le pays. Culturellement, ceci s'explique notamment par le piédestal sur lequel furent installées ses deux forces vives de la nation sous les régimes de Soekharno et Suharto (notons toutefois que la police n'est indépendante de l'armée que depuis quelques années). Ainsi, pour intégrer l'une de ses deux professions, il faut payer. Alors les jeunes s'endettent pour atteindre un statut d'élite. Après avoir payé une certaine somme, pouvant être extrêmement variable, il est alors temps de rembourser ses créanciers. Et pour cela, le pouvoir et l'aura de ces deux institutions vont beaucoup aider. Ainsi, la corruption permet aux policiers et militaires de disposer de revenus complémentaires. L'autre solution est de se lancer dans le business. Ainsi, les multiples parking sur le bord de la route, pour lesquels on laisse 1000 roupih, sont majoritairement détenus par les policiers et militaires. Il en est de même pour les sociétés assurant la sécurité dans les centres commerciaux, à l'entrée des établissements nocturnes.

Ainsi, il existe une véritable économie parallèle, qui emploie un grand nombre de personnes sans ressources tout en financement et renforçant un pouvoir de ces hommes. Et le système, s'il est bancal, continu de fonctionner. Comme quoi, ce pays ne cesse de me surprendre...

samedi 10 avril 2010

Retour sur une semaine chargée

Quelle semaine!
Première bonne nouvelle, je ne suis plus malade. Il est vrai que le climat actuel, avec des pics de températures dépassant les 39°, suivi d'averses de fin de saison des pluies n'est pas forcément le plus à même de me laisser en bonne santé. Ajouté à cela la fatigue du voyage et le délicat "recalage horaire", j'ai passé une grande partie de mes après midi m'accorder des pauses sommeil.

Mais dans l'ensemble, malgré la charge de travail, j'ai passé une très bonne semaine. J'ai d'ailleurs donné mon premier vrai cours en autonomie à des étudiants de Master. La thématique portait donc sur les MOOTW (Military operations Onther Than War, opérations militaires autre que la guerre) et je me suis finalement retrouvé à présenter ces dernières pendant une heure et demie. Avec bien entendu, la pc qui plante au milieu de la présentation et une bonne moitié de cette dernière sans powerpoint sur lequel s'appuyer.

Mais tout s'est bien déroulé et c'est l'essentiel. La semaine suivante promet elle aussi d'être chargée, avec notamment un article à finir, un cours à préparer sur le financement de la sécurité et diverses formalités administratives, toujours aussi motivantes. Je pense passer sur Jakarta à la fin du mois, mais n'y rester qu'une journée. Il me faudra alors préparer mon terrain sur Aceh. Plus le temps passe, et plus je me demande s'il ne serait pas opportun de reporter celui-ci à juillet, afin de me concentrer sur Belawan (et mon étude sur la sécurité portuaire) durant les mois d'avril et mai( le mois de juin sera consacré à une escale à Kuala Lumpur).

Par ailleurs, il me faut cette semaine penser à démarcher les organismes financeurs afin que je puisse terminer ma dernière année de thèse. Et vu la situation actuelle ce n'est pas gagné.

Enfin, dernière et non moins importante information, je serais en Suède à la fin du mois d'aout. Je suis retenu pour un important séminaire sur la sécurité maritime en Asie du Sud-est. Comme quoi, tout fini par s'enchainer.

PS: pas de photos en ce moment, j'essayerais de me faire une petite expedition dans les environs de Jogja prochainement.

samedi 3 avril 2010

Retour en Asie



Et quel retour ! Départ dimanche de Paris, avec l’éternel retard des vols que je choisis de prendre. Un mal pour un bien me direz-vous, car je n’ai eu a patienter que deux heures à Dubai au lieu des trois prévues initialement. Tout commença pourtant difficilement. Après avoir salué des amis parisiens, me voici à Roissy pour enregistrer. Et là, c’est le drame . Quittant Singapour en bus, je n’ai aucune preuve de ma future sortie du territoire, ce qui, chez nos chers amis singapouriens, est considéré comme inquiétant. Après une bonne demi heure de négociations avec l’agent d’Emirates, me voici prêt à l’embarquement. L’avion est plein, avec notammenet deux « pondeuses », femmes d’expat, qui enchanteront mon voyage.
Et ce n’est rien en comparaison de mes voisins de sièges, deux retraités dont la femme manquera de me vomir dessus en pleine nuit. C’est donc après une nuit agitée que je rejoins Dubai ou je ne passerais que quelques temps dans le duty free. Me voici embarquant au dernier moment pour le vol à destination de Melbourne, via Singapour. Le vol se passera sans trop d’encombres et j’atteindrais Singapour avec comme seul soucis majeur l’attente interminable pour mes bagages. J’appelle alors John qui m’enmenera diner tout en me remettant un billet de bus grand luxe qu’il a réservé pour moi cet après midi et me permettra de prendre une douche salvatrice. Comme à son habitude, il est toujours disponible et nous avons passé une très bonne – quoi que courte – soirée.

A peine le temps de prendre à nouveau mes sacs que me voici parti en direction du Golden Mile, centre commercial thailandais où est organisé le départ des bus pour Kuala Lumpur. Le trajet en bus de luxe se déroulera pour le mieux. Seule l’arrivée à 5h30 posera problème. En effet, mon hotel ne peut effectuer mon check-in. Me voici la recherche d’une guest house afin de dormir quelques heures. Je finirais par trouver mon bonheur chez des rastas malais dont l’établissement se nomme Babylone. Tout un programme. Vers 10h30, me voici levé et prêt pour le check-in. Le temps de me changer et je prends la direction de Port Klang pour un rendez-vous qui se déroulera à la perfection. Je serais donc de retour pour quelques jours en Malaisie au mois de juin.
Le retour sur Kuala Lumpur s’effectue sous la pluie, qui cessera toutefois dans la soirée, me permettant de prendre quelques photos des tours jumelles Petronas. Bon, il faut le reconnaitre, à part ça, il n’y a vraiment pas grand-chose à voir dans la ville. Qui au demeurant n’est pas désagréable.
Mon avion ayant été avancé à 7H00, me voici levé à 3h30 afin de trouver et de négocier avec un taxi. Car oui, la vie à KL est bien plus cher qu’en Indonésie et les taxis ne se privent pas pour pigeonner le client. J’arrive finalement à obtenir un aller simple à 90MYR, soit plus de 20€, un véritable scandale si l’on compare à l’Indonésie ou à la Thaïlande (voire peut être même à Singapour). Et le voyage valait le détour ! Le chauffeur m’accueille en grommelant quelque chose comme « I loose my gun ». Surpris je lui demande de répéter, il s’agissait en fait de sa « girl » et non de son « gun ». Je suis alors rassuré et voila que le chauffeur se lance dans son histoire avec sa fameuse « girl », thaïlandaise de Chiang mai, venue en Malaisie pour travailler dans un salon de massage (en gros, une prostituée qui fournit massage et service sexuel). Et il revient sur sa dispute, s’étonnant du départ de sa douce. Il faut dire que mon chauffeur, au demeurant fort serviable, lui a balancé une cannette de coca en pleine tête tout en la menaçant de lui refaire le visage au tesson de bouteille. Dans ces cas là, mieux vaut s’abstenir de commentaire. Mais ses tics de langage, mix de malais et de thaï, ajoutant des « laaaa » en fin de phrase et des « same same » tout au long de la conversation – voire mixant un « same same laaa » - me font bien rigoler. J’arrive alors à l’aéroport, après avoir longer le circuit de F1 de Sepang. L’attente est alors longue et je découvre le hub d’Air Asia. Le vol jusqu’à Jogja se déroulera sans encombre, avec un temps magnifique sur Java Central. L’approche est toujours aussi impressionante et il y a comme un parfum de Dien Bien Phu en débarquant sur le tarmac. La chaleur, les collines, les appareils à hélice de l’armée de l’air indonésienne…
Mon programme consista alors en une journée de récupération avant de rejoindre le bureau dès le lendemain, et de profiter de vendredi pour faire quelques achats.

samedi 27 février 2010

En route pour « Paris »




« Paris », c’est ainsi que les Javanais nomment la plage de Parangtritis. Située à 35 km de Jogja, elle est envahie le weekend. Pourtant, point de baignade possible ici. Les vagues de l’Océan Indien, dépassant les 5 mètres de haut, et les forts courants interdisent toutes tentatives. Et n’ayez pas l’audace de porter du vert, sous peine de voir la déesse des mers du sud vous happer dans les tourbillons de l’océan. Le portrait dressé n’est donc pas forcément fameux. Il n’en demeurent pas moins que je suis comme attiré par cette plage. Il existe pourtant de jolies plages, certes plus loin. Mais cela sera pour une autre fois.
Me voici parti en direction du lieu de villégiature des habitants de Jogja. 35 km, soit une heure de route. Enfin, encore faut-il pouvoir sortir de la ville. La route est relativement bonne, bien que fréquentée. Comme toujours en Asie, le comportement sur la route peu donner lieu à des scènes cocasses mais surtout effrayante. La meilleure solution est donc de serrer le bas côté de la route. Profitant de quelques arrêts photos, je rejoins la station balnéaire après une bonne heure de route. Bien mp’a pris de prendre une veste. Non pas pour le climat, d’ores et déjà étouffant, mais pour les coups de soleils. Mes pieds, mes jambes et mes mains vont me le rappeler encore quelques jours.

Enfin, la plage : 4 km de sable gris volcanique, une mer tumultueuse (plus que je ne pouvais m’y attendre), et de nombreuses personnes qui viennent effleurer la mer. Sur la gauche, les falaises ajoute au cachet de l’endroit. La plage est parcourue par des calèches, et le calme est appréciable.
Mon statut d’unique « bulé » sur place, me vaudra une séance photo, comme à Jakarta. J’accepte volontiers, et me lance dans une conversation en anglo-indonésien. Les Indonésiens sont toujours agréablement surpris si l’on essaye de parler leur langue, et cela facilite le contact. Comme à l’accoutumé, on me demande d’où je viens, et je dois confirmer que l’Equipe de France de football est sans doute le meilleur outil de notre diplomatie culturelle ! Frank Ribery, Thierry Henry, Karim Benzema, et bien sur Zidane !
Vers midi, je me décide à partir à l’aventure, je récupère ma moto, et me voila au sommet des falaises pour une heure et demi de pur plaisir, sur une route de montagne, proche de la mer, mais surtout encerclée par les rizières. Ici, je m’arrête auprès des paysans, chargés de fagot divers. Là, des écoliers m’interpellent, tout sourire. Un peu plus loin, ce sont des bucherons, puis un chasseur – enfin plutôt un braconnier -. Une petite vieille tient un stand de boissons, au milieu de nulle part, un vieil homme fume cigarettes sur cigarettes au bord de la route. Plus loin, la sortie de la mosquée. Les gens me demandent de m’arrêter :
« dari mana ? » (d’où tu viens)
Apa Kabar ? (comment ça va ?)
« Anda bisa bicara bahasa Indonesia ? » (tu sais parler indonésien ?).


Les questions se succèdent et je suis toujours accueilli avec une gentillesse extrême. Ici, la préoccupation des gens quand ils aperçoivent un bulé, ce n’est pas l’argent qu’ils vont en tirer. C’est tout simplement de comprendre ce que le bulé vient faire, qui il est, pour engager la conversation. Une curiosité qui n’est pas malsaine, mais plutôt marquée par une ouverture d’esprit.

Ime revoila sur la route, retour vers Parangtritis, mais avant tout, je souhaite m’arrêter à l’hotel Queen of The South, pour profiter d’un panorama formidable, de la piscine et d’un repas. Manque de chance, l’hôtel est fermé. Mais le réceptionniste m’offre une noix de coco et me fait visiter les locaux. Je peux alors admirer un superbe panorama, avant de me remettre en route pour Jogja. Le retour me parait interminable, mes coups de soleil commencent alors à se faire sentir.. Et pour couronner le tout, la circulation dans la ville est tout bonnement incroyable. Mais je rejoins enfin ma petite maison, avant de rejoindre quelques amis pour un repas… italien.

Me voici rentré afin de prendre un peu de repos avant mon départ demain pour le clou du weekend, le temple de Borobudur, que certains compare au nombril du monde.

Pour rappel, les dernières photos sont disponibles ici:http://picasaweb.google.fr/alban.sciascia/20100227Parangtritis#

A la montagne



Enfin, un long weekend ! Et me voila en train d’essayer de caser en 3 jours 3 destination différentes. A l’ origine, je comptais passer ces quelques jours à Bali. Toutefois, j’ai préféré profité de ce temps pour visiter certaines régions proches de Jogja. Tout commence jeudi soir, avec une fin de semaine chargée, aussi bien en travail qu’en pluie. Le weekend s’annonce alors pluvieux, mais l’ensemble du staff quitte les locaux afin de profiter du temps libre en l’honneur de la naissance du prophète.
Le vendredi, me voici en route pour récupérer le batik que j’ai réalisé dimanche dernier avec certains amis. Puis, me voilà en direction de Kaliurang. Cette petite bourgade d’altitude (900 mètres), adossée aux parois du Merapi, se situe à une trentaine de kilomètre de Jogja. En gros, une heure de moto, dans la dense circulation. Une fois sur place, malgré le temps maussade, je suis satisfait de pouvoir profiter de l’air frais et d’un petit parc où pullulent… les singes. Chapardeurs, sans gènes, ces bestioles ne se sentent pas le moins du monde dérangées par les humains venant profiter du calme. Je profite de cette ballade pour prendre quelques photos, mais le temps se couvre et je décide de retourner tranquillement sur Jogja. Une fois arrivée, certains membres du staff m’ont réservé une surprise : une soirée karaoké. Je rejoins donc Sofy, Hutan, Ana et Nela dans une sorte de centre commercial du karaoké. L’expérience est surprenante : nous voila dans une salle d’une vingtaine de mètres carrés, avec un choix nnon negligeable de chansons et bien sur un service de boissons et de nourriture.
A la suite de ce début de soirée, nous finirons avec Hutan à boire du thé dans un warung, ces petits restaurants de plein air, qui pullulent en Asie. Mais il est temps de rentrer, le programme de demain est lui aussi chargé ! A l’origine, je devais aller à Borobudur en moto. Mais face aux conseils répétés de mes amis, je décide de reporter au dimanche afin d’aller à Borobudur en voiture… avec chauffeur !
Le samedi sera donc consacré à la plage… mais sans baignade !

dimanche 21 février 2010

Un samedi soir en compagnie de jeunes indonésiens


Après cette longue journée, me voici parti pour rejoindre Nela, Anna et certains de leurs amis afin d’assister à une exposition de photo. Cette dernière, réalisée par des étudiants donne une autre image de Jogja et de la région. Je profite des instants pour interroger mes amis sur l’ensemble des lieux répertoriés dans l’exposition. A l’issue de cette visite, marquée par une petite interview réalisé par les étudiants photographes, Anna et Nela me propose de me faire découvrir les lieux de rencontres de la jeunesse indonésienne. Il ne s’agit pas de bars, ni de discothèque et encore moins de mall, mais de pont. A proximité de ces derniers, les jeunes indonésiens garent leur motos. Des stand proposant de la nourriture et des boissons.

C’est ici que les jeunes gens viennent discuter, jouer de la musique et flirter, jusque tard dans la nuit. Et le plus surprenant, c’est que l’on trouve toutes les strates de la société, toutes les ethnies et religions mêlées. Mes amis m’expliquent qu’avant le mariage, la plupart des Indonésiens demeurent chez leurs parents. Il n’est donc pas aisé d’avoir une vie sociale ou affective. Tout se mêle dans une ambiance bonne enfant, des marginaux se joignent aux groupes de jeunes, puis des travestis viennent racoler les passant. On est alors dans un monde totalement différent de celui que j’ai pu connaitre, une vie indonésienne alternative, dans laquelle la jeunesse, les artistes, les marginaux et tous les autres peuvent se retrouver sans crainte. Je comprends alors mieux cette présence nocturne sur les ponts. Ce que je prenais pour une simple promenade s’avère finalement être un véritable phénomène social.

dimanche 7 février 2010

Visite du Kraton



J'ai profité de mon dimanche pour visiter la principale attraction de la ville, le Kraton. Il s'agit du palais du Sultan. Ce dernier réside toujours dans le Kraton et conserve des fonctions politiques de premier ordre. Il est par ailleurs gouverneur de la province. Le sultanat de Yogyakarta puisse son origine dans la scission du sultanat de Mataram en 1755. A l'issue de la guerre d'Indépendance contre les Hollandais, le Sultanat intégra la République d'Indonésie.

Le palais du Sultan porte donc le nom de Kraton et peut-être visité. Architecturalement, nous sommes bien loin des temples hindouistes ou bouddhistes, des mosquées ou églises qui composent le paysage javanais. Non pas que cette architecture ne soit pas resplendissante, mais elle paraît toutefois bien pauvre. Mais si l'on visite le Kraton, c'est plus pour des spectacles culturels javanais qu'autre chose. J'ai donc eu l'occasion d'assister à de sympathique spectacle de danse locale durant ma matinée.

La visite est extrêmement rapide, mais elle a le mérite d'offrir un large aperçu de ce qu'est aujourd'hui le sultanat de Yogyakarta. En effet, dans la mythologie javanaise, le Sultan est en relation directe avec différents dieux et esprits dont la plus célèbre est sans doute Nyai Roro Kidul (la Déesse des mers du Sud). Cette dernière est même considérée comme l'une des femmes du Sultan. Le Kraton a donc un sens fort pour les javanais: il est dans l'axe du volcan Merapi et de l'Océan Indien, royaume de Nyai Roro Kidul*.


Les danses retranscrivent, sur un fond musical de Gamelan, les traditions et légendes javanaises et sundanaises. Après y avoir assisté, je me décide à manger pour l'une des premières fois depuis mon arrivée dans un véritable restaurant. Ce dernier me réconciliera avec la cuisine locale qui - je me répète - est bien loin de la nourriture thaïlandaise.

Mais l'humidité commence à croître et la pluie arrive. il est temps pour moi de rentrer avant d'assister à un orage d'une rare violence et aux éternelles trombes d'eau. Cette saison des pluies dépasse tout ce que j'avais pu imaginer. J'espère pouvoir profiter d'un temps clément pour une excursion. Au choix, bord de mer ou Borobudur.

Les photos de cette visite sont disponibles sur l'album Jogja dont je vous rappelle l'adresse:
http://picasaweb.google.fr/alban.sciascia/IndonesieYogyakarta#

* Il est d'ailleurs formellement déconseillé de se baigner sur la côte sud de Java vêtu de vert. Cette couleur serait celle de la Déesse des mers du Sud. La légende dit que tous les baigneurs vêtus de vert périssent dans les eaux de l'Océan Indien bordant la principale île indonésienne.
J'ai pris un maillot bleu, mais vu l'état supposé de la mer et la force des courants, je ne compte me baigner qu'à Bali ou en piscine.

dimanche 31 janvier 2010

Prambanan




J’ai profité de mon dimanche pour me rentre aux temples de Prambanan. Ces derniers sont situés à 17 km de Jogja (abréviation locale pour Yogyakarta). La voie rapide pour s’y rendre reste très fréquentée, y compris le dimanche. Après une bonne demi heure en scooter, me voici donc sur place. Il s’agit d’un ensemble de temples hindouistes construits aux alentours du IXème siècle. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et pour certains, il surpasse même Borobudur, joyaux bouddhiste de la région.
J’ai pour ma part grandement apprécié le calme, comparable à celui ressenti à Ayyuthaya en Thaïlande. Comme de nombreuses personnes ayant visité ce site, j’ai toutefois été déçu de ne pouvoir accéder à l’ensemble des temples. En effet, détruits une première fois au XVIème siècle par un tremblement de terre, les temples furent dans redécouvert par l’un des émissaires de Sir Thomas Raffles, figure légendaire de l’épopée britannique dans la région – qui donnera lieu à l’implantation britannique en Malaisie, en Birmanie et dans l’actuelle Cité-Etat de Singapour.
Une tentative de restauration verra le jour en 1918, mais elle ne sera effective que dans les années 1930. Toutefois, le tremblement de terre de 2006 a fortement endommagé l’ensemble des temples, et il est aujourd’hui seulement possible d’entrer dans un seul des temples. L’autre déception vient du temps, nuageux en cette saison, qui ne permets pas d’avoir une vue dégagée sur le mont Merapi, volcan actif de Jogja.
Mais la visite et le cadre de ces temples vaut à lui seul la fatigue occasionnée par la conduite locale. A la fin d ema visite, j’ai pu voir une sorte de spectacle/rituel initiatique local au curs duquel un jeune home entrait en transe. Ainsi, je repensais à tout ce que j’ai pu lire sur la magie noire javanaise, sur l’Amok, cette folie locale que décrivait Zweig. Je suis resté pendant de longues minutes, immobile, à me demander quelle était la part d’activité touristique dans cette démonstration. En regardant de plus près le regard des « spectateurs », en voyant l’état du jeune homme à l’issu de cette « cérémonie », je pense que la part de réel est plus importante que je ne l’aurais escompté.

Je compte essayer de visiter le palais du Sultan lors d’une matinée de cette semaine, puis partir voir les plages de Parangtitris dimanche prochain. C’est ici que l’Océan Indien vient frapper rencontrer l’île de Java. La baignade est formellement interdite, du fait de la puissance de l’Océan, de ses courants et de ses vagues dépassant régulièrement les 4 mètres de haut. Par ailleurs, des falaises sculptées dans la roche volcanique encadre cette plage. Me voici donc tout impatient de rejoindre cette nouvelle destination dimanche prochain. Mais avant cela, une longue semaine de travail est prévue, avec notamment mes premiers cours intensifs de langue.

PS : les photos de Prambanan sont disponibles ici: http://picasaweb.google.com/alban.sciascia/Prambanan