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dimanche 5 décembre 2010

La saison des pluies...




Photo de la rivière Code à Jogja ( source: jakarta post)









La saison des pluies a bien démarré. Ce dimanche, la pluie est tombée sans discontinuer pendant toute l'après-midi. Et cette saison des pluies va durer jusqu'au mois d'avril. Tout en sachant qu'il s'agit de la meilleure hypothèse.

L'an dernier, cette saison des pluies s'est étendue jusqu'au début du mois de juin. Et la saison sèche fut très courte, au grand désespoir des habitants de Jogja. Cette saison, il est déjà question de l'influence de La Niña, mais aussi de l'éruption du Merapi. Ainsi, certains chercheurs ont annoncé que les particules de cendres allaient changer les conditions climatiques sur la région: plus d'humidité, un temps plus frais et donc plus de précipitations.

Pour le temps plus frais, je demande encore à voir. Temps lourd oui, températures "basses", ce n'est pas encore le cas. Au quotidien, il convient de ne pas oublier les chaussures de rechange (afin d'éviter de voir ses chaussures moisirent, comme c'est le cas pour deux de mes paires...) et le fidèle "K-Way" local. Je dois aussi surveiller la porte de ma cuisine, celle-ci donnant sur un petit jardin - enfin aujourd'hui, c'est plus une plaine de cendres et de sable volcanique avec quelques pousses vertes - qui devient rapidement une mare, déversant sur la porte de la cuisine. il n'est pas non plus rare que Jalan Kaliurang, la principale route menant à ma résidence depuis Jogja, soit transformée par endroits en un petit ruisseau.

Bien sur, il convient aussi de faire attention aux rivières. Avec les risques de Lahars, les cours d'eau peuvent devenir dangereux, voire meurtrier (cf. billet précédent). Mais pour cela, les autorités en charge de la prévention son relativement efficace. Vendredi dernier, l'une de ces coulées de boues à fait des dégats sur les habitations à proximité de la rivière Code, dans le centre ville. Si le périmètre de sécurité est passé à 2,5KM pour certaines zones, il reste à 15 au dessus- de chez moi et le risque de lahars reste important. Heureusement, je ne réside pas à proximité immédiate d'une rivière.

A venir, un billet sur le "business" du sable volcanique... une activité actuellement en pleine expansion ;)

dimanche 16 mai 2010

Pantai Kukup


Je décide de m’échapper de Baron et de sa cohue. Après tout, il n’y a pas grand-chose à voir. J’ai souvent entendu parler de Kukup, une plage située à 1 kilomètre à l’Est de Baron. Me voici à nouveau sur la route pour une courte escapade. Première surprise, il y a moins de monde, ce qui n’est pas désagréable. Seconde surprise, il faut marcher un peu plus pour se retrouver sur la plage. Et celle-ci n’est visible qu’au dernier moment, réservant alors toutes ses surprises. Du sable "blanc", un récif et au-delà, des vagues qui pour certaines dépassent les 3 mètres de haut, venant s’écraser sur les barres de rocher. A gauche, un « petit Bali », avec un immense rocher au sommet duquel l’on peut avoir une superbe vue sur une bonne partie de la côte.

Je profite du calme relatif pour observer les Indonésiens profiter des joies balnéaires. On va se baigner tout habiller ici. Enfin, c’est plutôt patauger que se baigner. Et je repense à mes recherches, à certains articles en attente de publication, et notamment sur la question de la vision maritime de l’Indonésie. Comment le plus grand État archipélagique du monde peut-il se contenter d’une vision centrée sur ses terres ? A voir l’appréhension avec laquelle les javanais appréhendent la baignade, je repense aux écrits d’Eric F., chercheur français spécialiste de la piraterie. Il s’interroge – à juste titre – sur cette relation que les javanais – hommes et femmes de pouvoir de l’Indonésie – ont avec la mer. Les légendes de la Déesse des Mers du Sud conjuguées à cette absence d’ambition maritime ont-elles alors un impact sur cette absence de vision maritime ? C’est fort probable.

Je laisse de côté ces réflexions afin de profiter au maximum de ma journée de vacances. Pas de baignade pour moi (je n’ai pas de t-shirt de rechange et je ne veux pas choquer les locaux en me baladant torse-nu) mais une bonne heure à regarder les vagues. Cet endroit est si reposant, la route est certes longue pour y accéder, mais quel bonheur ! C’est sur, j’y reviendrais, afin cette fois-ci de profiter de la mer. Il est temps de partir. Je m’attarde toutefois un instant sur les « aquariums » de fortune qui font aussi la réputation de Kukup. A même le sable, des « bas » délimités par une bâche plastique et des rondins de bois. Un peu de sable, une pompe et se côtoient des poissons de récifs multicolores, pêchés à même le rivage et attendant d’être vendu aux Yogyakartanais de passage.

Je reprends la route en décidant cette fois-ci de passer par ce que l’on pourrait considérer comme une nationale. Cette route, engorgée de camion, serpente dans le relief escarpé. Rien de bien difficile, mais voilà qu’un orage me surprends. Elle ne va donc jamais se terminer cette saison des pluies ? Me voilà dans une belle montée avec un véritable torrent qui dévale, malgré tout, les 125cm 3 de mon scooter me permettent de gravir cette côte. A son sommet, un panorama sur toute la plaine de Jogja. Malheureusement, le ciel est quelque peu couvert et il est impossible de distinguer le Merapi. Mais ce n’est pas grave, j’ai eu une belle journée. A peine arrivé, la pluie recommence à tomber et ne cessera qu’à 21h… Mais il est temps de se remettre au travail pour les deux derniers jours de la semaine !

mercredi 5 mai 2010

Flash flood ou le plaisir des inondations surprises



Officiellement, la saison des pluies est finie. Je dis bien officiellement. Car tous les jours, la pluie persiste. Plutôt que la fin d’après midi, comme à l’accoutumée, les orages débutent dès 14 heures pour se poursuivre parfois jusqu’à la prière de fin de journée (18h). J’ai eu l’occasion aujourd’hui de constater les dégâts de ces averses. Ayant attendu sagement la fin du gros du grain, je m’élance vers la maison. Première surprise, il ne subsiste que des grosses flaques sans grande importance. C’était sans compter sur la topographie torturée de Yogyakarta. Je me décide à prendre un raccourci et me retrouve, en passant une côte, dans un torrent. J’ai beau chercher la route, je ne la vois pas. En effet, la route est devenu le lit d’une rivière. Observant les locaux, je me rend compte que la solution est de maintenir le guidon droit, de relever les jambes et d’accélérer. Et ça marche !
Pourtant, l’aventure ne fait que débuter. Arrivé sur Jalan Colombo et son énorme pente, je vois quelques motos en difficulté. Et c’est là que j’apprécie la boite manuelle de mon scooter. Pas besoin de trop réfléchir, il suffit de faire appel à la puissance du moteur, et cela passe. Enfin, cela passe jusqu’à un certain point. Le haut de la rue est devenu lui aussi une rivière. Ca et là, des passants s’improvisent agents de la circulation. Il faut faire reculer ce bus, puis laisser passer les deux camions. Ensuite, ce sera le tour des motos. L’attente au milieu de l’eau durera bien 5 bonnes minutes. Je me décide à prendre des photos, et bien sur, c’est à nous de passer. Me voici dans dédale de petites rues qui me font déboucher sur des endroits dont je ne soupçonnais pas l’existence. Balade sympathique, mais humide. A ma grande surprise, je finis par arriver chez moi.

Le programme des jours à venir va resté chargé. Une seule exception, un jour férié qui tombe à point jeudi prochain, pour l’ascension. D’ailleurs, avec mon comparse chercheur espagnol, nous avons eu l’occasion de beaucoup rigoler. Car comment traduire l’ascension en Indonésien ? Et bien, rien de plus simple si l’on se fit aux discussions de nos collègues indonésiens : Jesus naik, ce qui signifie, Jésus monte. Pas besoin de se prendre la tête au moins.

jeudi 18 février 2010

Boulot, boulot boulot


Voila une semaine chargée sur le point de s'achever. Très sincèrement, je n'ai pas arrêter de travailler cette semaine, qu'il s'agisse de mes recherches, d'intervention auprès d'étudiants, de discussions informelles ou de mes cours d'indonésien. Et le week end s'annonce lui aussi chargé avec un mariage le samedi matin, une activité rafting avec les membres de l'équipe l'après midi. Et la journée devrait se terminer par l'obligatoire karaoké.

Mais revenons sur certains évènements de la semaine. Lundi soir je reçois un sms du staff de la fac m'annonçant que je dois être présent le lendemain à 8h pour intervenir dans un cours. Et pas n'importe quel cours, il s'agit de la réunion de rentrée des étudiants en Master. Ils viennent de toutes les régions d'Indonésie: Aceh, Java, les Moluques, Sulawesi, la Papouasie, Sumatra, Flores, Bali, etc. Je suis donc présent auprès de Conny Lay, l'un des responsables du programme de science politique pour faire part de mon expérience.
Ces étudiants sont donc d'origine diverses. Et c'est l'intérêt de l'Université Gadjah Madah. ici, la différence confessionnelle et ethnique ne doit être utiliser que pour servir la communauté scientifique. Pas de prosélytisme, pas de tensions, le message est clair. On comprend mieux pourquoi Gadjah mada se place régulièrement en tête des universités asiatiques.

Me voici dans le grand bain face à une quarantaine d'étudiants, tentant de répondre aux questions les plus variés. Mais tout cela déroula rapidement, et j'ai passé les jours suivants à avancer sur mes différentes recherches. A l'exception de mercredi soir où, escorté par des camarades indonésiens - afin d'éviter l'arnaque pour "bulé" (occidental) je suis allé m'acheter une chemise traditionnelle en batik, indispensable pour le mariage de samedi matin.

Autre phénomène marquant de la semaine, les fortes pluies. Pendant deux jours la pluie n'a cessée qu' de rares occasions, entrainant des inondations heureusement sans gravité. Je taquine souvent mes collègues sur le climat indonésien, ces derniers me répondant que je dois m'estimer chanceux. Il est possible de subir une semaine de pluie. Pour l'instant, j'y échappe!

Au niveau du planning, je prépare mes passages à Singapour et Bangkok au début du mois de mars. J'ai enfin réussi a concilier l'ensemble des rendez-vous... tout en me préparant aux habituels changements de dernière minute

dimanche 7 février 2010

Saison des pluies, carte d’hôpital et vie quotidienne



Cette semaine, chargée en travail, m’a fait espéré pendant quelques temps d’assister à un retour du beau temps. C’était sans compter que nous sommes bel et bien au plus fort de la saison des pluies en Indonésie. Vendredi, un énorme orage a éclaté, durant plus de 3 heures. C’est à cette occasion que j’ai conduit pour la première fois ma moto sur une route inondée. Il faut savoir que les abords de la ville sont vallonnés. Et que les tremblements de terres récurrents ont largement endommagé les voies de circulations. Dès qu’il pleut, ce sont des torrents qui remplacent certaines rues et avenues. En sortant de la fac, me voici alors avec 30 centimètres d’eau sur la route et un courant constant. Mais le pire allait venir sur Jalan Colombo, axe important de circulation, mais malheureusement pour mois, en pente. Toutefois, je suis surpris par le calme des Indonésiens dans ces conditions. Bien sur, il ne cessent pas pour autant de klaxonner à tout va, mais il semblerait qu’ils prennent conscience de la nécessité de rouler lentement. Pour preuve, j’ai mis plus de 40 minutes pour rentrer, bien loin des 10 minutes quotidiennes.

Rentré sans encombre dans ma demeure, j’ai à peine le temps de me changer que je suis invité à une partie de football en salle (futsal) par des membres de la faculté de science politique. Je passerais deux bonnes heures à me décrasser pour mon plus grand plaisir.
Le lendemain, j’ai eu l’occasion de visiter l’un des hôpitaux de la ville. Une réaction allergique à je ne sais quoi – qui s’est manifestée par des irritations et démangeaisons -m’a donc permis de constater que le service de santé local, peu onéreux n’est sans doute pas encore au niveau de ce que l’on peut voir en Thaïlande ou à Singapour. Ce n’est pas pour autant que je n’irais pas me faire soigner ici, car pour des petits maux ou des maladies passagères, il n’y a rien a craindre.
J’ai par la suite consacré ma journée de samedi à me reposer et travailler un peu.